
STATE OF FOOD #71 PARENTALITE TRANSFEREE : QUAND NOS CHIENS HERITENT DE NOS ENFANTS
La parentalité transférée désigne le déplacement des fonctions traditionnellement associées à l’enfant — protéger, nourrir, soigner, éduquer, célébrer, transmettre — vers d’autres figures d’attachement, aujourd’hui principalement les animaux de compagnie. La montée des foyers DINKWAD (Dual Income, No Kids, With A Dog) illustre cette transformation. Dans un contexte où l’accès à la parentalité devient plus coûteux et plus contraint, les besoins de care ne disparaissent pas : ils changent de destinataire. Cette mutation transforme profondément le marché du pet care. Les entreprises ne vendent plus seulement des croquettes, des assurances, des soins ou des services. Elles vendent au propriétaire la possibilité d’exercer une fonction parentale : protéger, prévenir, choisir « le meilleur », réduire son inquiétude et matérialiser son attachement. Le phénomène est particulièrement visible dans l’alimentation animale, qui adopte désormais les codes de la nutrition humaine : microbiote, prévention, immunité, vieillissement, nutrition personnalisée, ingrédients locaux, protéines alternatives. Le marché se construit donc moins autour de la biologie de l’animal que de la psychologie et des responsabilités affectives du propriétaire. L’enjeu stratégique dépasse largement le pet-food. La parentalité transférée redistribue les dépenses vers la santé, l’assurance, le tourisme, l’hôtellerie, le luxe, l’immobilier, les services et l’alimentation. Elle remet ainsi en cause les segmentations classiques fondées uniquement sur l’âge, le revenu ou la composition du ménage. La thèse centrale est simple : les flux économiques suivent de plus en plus les attachements plutôt que les structures familiales traditionnelles. Les entreprises capables d’identifier les fonctions affectives auxquelles répond leur offre disposeront donc d’une lecture plus juste des marchés futurs. Concept STATE OF FOOD : Parentalité transférée Déplacement des fonctions parentales vers d’autres figures d’attachement lorsque les contraintes économiques, sociales ou culturelles rendent plus difficile l’accès au modèle familial traditionnel.
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